Le développement de méthodes fiables et standardisées pour tester la sensibilité des essaims de moustiques aux insecticides est crucial pour comprendre l'efficacité des nouveaux principes actifs ou formulations. Les méthodes de test de la sensibilité des essaims de moustiques aux insecticides de contact (tels que ceux promus dans les programmes de santé publique) sont bien établies et standardisées. Cependant, les méthodes de test des insecticides volatils ou en aérosol utilisés dans les produits ménagers sont difficiles à mettre en œuvre efficacement. En nous appuyant sur les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé relatives aux insecticides domestiques, nous avons développé une méthode standardisée à haut débit pour tester les produits en aérosol à l'aide de moustiques en cage et d'une méthode de désinfection efficace réalisée dans une chambre de test Peet-Grady (chambre de test PG). Nous avons validé l'efficacité de cette nouvelle méthode sur des populations de moustiques Aedes et Anopheles résistants et sensibles aux insecticides. L'une des innovations de cette méthode réside dans l'intégration d'une chambre dirigée vers les cages à moustiques, permettant une évaluation quantitative en temps réel des taux de mortalité des moustiques après exposition à l'insecticide. La désinfection par écouvillonnage élimine efficacement les résidus d'huile d'aérosol contenant des pyréthroïdes de la surface de la chambre de test, avec des taux de mortalité inférieurs à 2 % pour les moustiques sensibles testés directement sur cette surface. Aucune hétérogénéité spatiale des taux de mortalité n'a été observée chez les moustiques en cage dans la chambre PG. Notre méthode à double cage offre un débit huit fois supérieur à celui de la méthode en vol libre, permettant le test simultané de différentes souches de moustiques et une discrimination efficace entre les populations de moustiques sensibles et résistantes testées en parallèle.
À ce jour, les insecticides en aérosol sont principalement utilisés à domicile pour la protection individuelle, leur usage restant limité dans les programmes de santé publique. Cependant, des études récentes ont mis en évidence une utilisation répandue d'insecticides domestiques dans les régions où les maladies vectorielles sont fréquentes. Que ce soit pour repousser les moustiques ou pour prévenir les maladies, il est urgent de développer des méthodes standardisées et faciles à utiliser pour évaluer la sensibilité des populations de moustiques endémiques aux insecticides domestiques. Ceci est crucial pour prédire l'efficacité des insecticides contre les vecteurs locaux et comprendre comment leur utilisation domestique influence la sélection naturelle de la résistance aux insecticides.
La méthode supplémentaire 1 fournit des instructions détaillées étape par étape pour la réalisation de notre programme de tests d'insecticides en aérosol.
Bien que les recommandations de l'OMS préconisent l'utilisation de nébuliseurs automatisés, elles ne fournissent pas de spécifications techniques précises. L'utilisation de ces nébuliseurs est pourtant essentielle, car la nébulisation manuelle dans une chambre à propylène glycol est non seulement laborieuse, mais peut également entraîner des irrégularités spatiales et des variations de la durée de nébulisation.
La chambre de réaction doit être stérilisée après chaque test, mais la méthode de nettoyage interne recommandée par les directives de l'OMS consiste à utiliser un tuyau d'arrosage. Dans notre travail quotidien, cette méthode représente l'étape la plus fastidieuse de l'utilisation des équipements de bioanalyse ; nous avons donc mis au point et testé une procédure de stérilisation par écouvillonnage.
Les pièces amovibles du ventilateur sont traitées comme décrit ci-dessus, et les pales et le cadre du ventilateur sont nettoyés avec une éponge imbibée d'une solution à 5 % de Decon 90.
Compte tenu de la relation entre la durée de pulvérisation et le débit de produit, notre diffuseur d'aérosol a également démontré une bonne précision dans le contrôle du rapport de dosage, du moins sur la plage testée (de 1 à 4 fois). Comme illustré sur la figure 3b, cette caractéristique est particulièrement importante pour caractériser la relation dose-réponse de nouvelles formulations d'aérosol ou pour déterminer la dose d'identification permettant de détecter la résistance aux insecticides.
Nous démontrons que notre protocole révisé d'évaluation des insecticides aérosols domestiques, utilisant la désinfection par écouvillonnage, des cages doubles, des pulvérisateurs télécommandés et l'enregistrement biométrique par caméras d'action, constitue une alternative plus efficace et réalisable aux protocoles actuels.OMSRecommandations. La méthode de désinfection par écouvillonnage, qui ne nécessite que 20 minutes, permet un gain de temps considérable par rapport au protocole actuel (qui requiert généralement une heure par chambre d'essai). Elle réduit également le temps passé par les opérateurs à enfiler un équipement de protection individuelle complet (par exemple, casques respiratoires et vêtements de travail antistatiques). De plus, cette méthode génère moins de liquide contaminé et de vêtements à traiter qu'un nettoyage complet de la chambre d'essai, minimisant ainsi le risque de contamination de la pièce abritant la chambre d'essai. La méthode de désinfection par écouvillonnage convient également à la désinfection des salles d'essai semi-permanentes.minimalAgencement du mobilier dans différentes configurations de pièces.
Un point essentiel abordé dans cette étude et d'autres concerne la standardisation des doses d'exposition aux insecticides appliqués dans l'environnement, et ce, selon différents protocoles d'essai. Comme illustré à la figure 2b, malgré une durée de pulvérisation fixe, le volume pulvérisé variait selon le type d'aérosol, reflétant potentiellement des différences dans les procédés de fabrication (pression interne, utilisation de propulseur, structure de la buse, etc.). De plus, l'absence actuelle de dispositifs de pulvérisation à distance disponibles dans le commerce et offrant la flexibilité requise en matière de durée de pulvérisation limite leur utilisation pour évaluer la relation dose-réponse dans la lutte contre les moustiques. La pulvérisation manuelle par des trappes d'essai ou d'accès (le cas échéant) peut entraîner des variations des doses d'exposition. Nos résultats soulignent d'ailleurs la nécessité et l'importance de réduire ces sources de variation. Pour les populations d'Aedes aegypti résistantes, nous avons observé une corrélation entre la dose d'aérosol et la détermination finale de la sensibilité ou de la résistance (figure 3b). Idéalement, les doses d'aérosol devraient être standardisées en grammes de substance aérosolisée plutôt qu'en durée d'aérosolisation afin de faciliter les comparaisons entre différentes études.
La méthode RCAD offre une approche alternative pour les recherches futures, minimisant l'impact des variations de procédé. Bien que la standardisation des pulvérisations d'aérosol se soit avérée impossible, nous avons démontré que la masse d'aérosol délivrée par différentes bombes aérosol peut être estimée de manière reproductible en calibrant la longueur de pulvérisation (figures 2b et 3a). Une telle standardisation de la concentration d'aérosol dans toute chambre d'essai est essentielle pour améliorer la reproductibilité des résultats.
D’après notre expérience et celle d’autres équipes de recherche, les recommandations des lignes directrices actuelles concernant l’utilisation des méthodes de détection par aérosol pour le contrôle des moustiques en vol libre posent d’importants défis logistiques pour les études en laboratoire et en conditions semi-naturelles. Par exemple, ces méthodes de détection ont un faible débit (notamment en raison de la recapture laborieuse des moustiques survivants) et souffrent de plusieurs limitations techniques, comme la difficulté à déterminer les taux de mortalité en temps réel.
Bien que notre expérience validée en double cage prenne en compte les limitations de flux et constitue une méthode viable pour évaluer la sensibilité des moustiques aux insecticides en aérosol, il convient de noter que les taux de mortalité des moustiques des îles Caïmans étaient significativement plus faibles dans l'expérience en cage que dans l'expérience en vol libre (Fig. 5c, Tableau 1). Cette différence pourrait refléter une réduction de la dose d'insecticide à l'intérieur de la cage, car moins de gouttelettes d'aérosol pénètrent à travers le filet et y pénètrent. De futures études pourraient utiliser des filets à mailles plus larges et des cages avec des débits d'air plus élevés (par exemple, des cages cylindriques) afin de confirmer les résultats obtenus avec les différentes méthodes expérimentales.
Date de publication : 2 février 2026





