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L’association de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action et de larvicides à base de Bacillus thuringiensis constitue une approche intégrée prometteuse pour prévenir la transmission du paludisme dans le nord de la Côte d’Ivoire. Malaria Journal |

Le recul récent de la prévalence du paludisme en Côte d'Ivoire est largement attribuable à l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA). Cependant, ces progrès sont menacés par la résistance aux insecticides, les modifications comportementales des populations d'Anopheles gambiae et la transmission résiduelle du paludisme, ce qui rend nécessaire le recours à des outils complémentaires. Par conséquent, cette étude visait à évaluer l'efficacité de l'utilisation combinée de MILDA et de Bacillus thuringiensis (Bti) et à la comparer à celle des MILDA seules.
L’étude a été menée de mars 2019 à février 2020 dans la région sanitaire de Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire, selon deux groupes : un groupe utilisant des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) et l’autre utilisant uniquement des MILDA. Dans le groupe MILDA + Bti, les gîtes larvaires d’Anopheles ont été traités avec du Bti toutes les deux semaines, en complément des MILDA. Les larves et les moustiques adultes ont été collectés et identifiés morphologiquement jusqu’au genre et à l’espèce selon les méthodes standard. La présence du complexe palustre gambien a été déterminée par PCR. L’incidence du paludisme en Gambie et dans la population locale a également été évaluée.
Globalement, la densité larvaire d'Anopheles spp. était plus faible dans le groupe LLIN + Bti que dans le groupe LLIN seul : 0,61 [IC à 95 % : 0,41–0,81] larves/plongée (l/plongée) contre 3,97 [IC à 95 % : 3,56–4,38] l/plongée (RR = 6,50 ; IC à 95 % : 5,81–7,29 ; p < 0,001). La vitesse de piqûre globale d'Anopheles gambiae était de 0,59 [IC à 95 % : 0,43–0,75] par personne/nuit dans le groupe LLIN + Bti, contre 2,97 [IC à 95 % : 2,02–3,93] piqûres par personne/nuit dans le groupe LLIN seul (p < 0,001). Anopheles gambiae sl est principalement identifié comme le moustique Anopheles. Anopheles gambiae (ss) (95,1 % ; n = 293), suivi d'Anopheles gambiae (4,9 % ; n = 15). L'indice de transmission du paludisme par le sang humain dans la zone d'étude était de 80,5 % (n = 389). L'EIR pour le groupe LLIN + Bti était de 1,36 piqûre infectée par personne et par an (p/p/an), tandis que l'EIR pour le groupe LLIN seul était de 47,71 p/p/an. L'incidence du paludisme a fortement diminué, passant de 291,8 ‰ (n = 765) à 111,4 ‰ (n = 292) dans le groupe LLIN + Bti (p < 0,001).
L'association de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) et de Bti a permis de réduire significativement l'incidence du paludisme. Cette association pourrait constituer une approche intégrée prometteuse pour une lutte efficace contre Anopheles. La Gambie est exempte de paludisme.
Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre le paludisme au cours des dernières décennies, cette maladie demeure un problème majeur en Afrique subsaharienne [1]. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment indiqué qu’en 2023, on recensait 249 millions de cas de paludisme et environ 608 000 décès liés à cette maladie dans le monde [2]. La Région africaine de l’OMS concentre 95 % des cas de paludisme et 96 % des décès dus à cette maladie dans le monde, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans étant les plus touchés [2, 3].
Les moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) et la pulvérisation intradomiciliaire d'insecticides à effet rémanent (PIR) ont joué un rôle essentiel dans la réduction du fardeau du paludisme en Afrique [4]. Le déploiement de ces outils de lutte antivectorielle a permis de réduire de 37 % l'incidence du paludisme et de 60 % la mortalité entre 2000 et 2015 [5]. Cependant, les tendances observées depuis 2015 ont stagné de façon alarmante, voire se sont accélérées, la mortalité due au paludisme restant inacceptablement élevée, notamment en Afrique subsaharienne [3]. Plusieurs études ont mis en évidence l'émergence et la propagation de la résistance aux insecticides utilisés en santé publique chez le principal vecteur du paludisme, Anopheles, ce qui constitue un obstacle à l'efficacité future des MILDA et de la PIR [6,7,8]. De plus, les modifications du comportement de piqûre des vecteurs à l'extérieur et plus tôt dans la nuit sont responsables de la transmission résiduelle du paludisme et représentent une préoccupation croissante [9,10]. Les limites des MILDA et de la PIR dans la lutte contre les vecteurs responsables de cette transmission résiduelle constituent une limitation majeure des efforts actuels d'élimination du paludisme [11]. En outre, la persistance du paludisme s’explique par les conditions climatiques et les activités humaines, qui contribuent à la création d’habitats larvaires [12].
La gestion des gîtes larvaires (GGL) est une approche de lutte antivectorielle basée sur les gîtes larvaires, visant à réduire leur nombre ainsi que celui des larves et nymphes de moustiques qu'ils contiennent [13]. Plusieurs études recommandent la GGL comme stratégie intégrée complémentaire pour la lutte antivectorielle du paludisme [14, 15]. En effet, son efficacité offre un double avantage contre les piqûres de vecteurs du paludisme, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des habitations [4]. De plus, la lutte antivectorielle par des larvicides, tels que Bacillus thuringiensis israelensis (Bti), peut élargir l'éventail des options de lutte contre le paludisme. Historiquement, la GGL a joué un rôle clé dans la réussite de la lutte contre le paludisme aux États-Unis, au Brésil, en Égypte, en Algérie, en Libye, au Maroc, en Tunisie et en Zambie [16, 17, 18]. Bien que la GGL ait joué un rôle important dans la gestion intégrée des ravageurs dans certains pays ayant éradiqué le paludisme, elle n'est pas encore largement intégrée aux politiques et pratiques de lutte antivectorielle en Afrique et n'est utilisée que dans certains programmes de lutte antivectorielle de pays subsahariens. pays [14, 15, 16, 17, 18, 19]. L’une des raisons est la croyance largement répandue que les gîtes larvaires sont trop nombreux et difficiles à localiser, ce qui rend la mise en œuvre de la lutte antivectorielle contre le paludisme (LSM) très coûteuse [4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14]. Par conséquent, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande depuis des décennies que les ressources mobilisées pour la lutte antivectorielle contre le paludisme soient axées sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) et la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticides (PID) [20, 21]. Ce n’est qu’en 2012 que l’OMS a recommandé l’intégration de la LSM, en particulier des interventions à base de Bti, en complément des MILDA et de la PID dans certains contextes d’Afrique subsaharienne [20]. Depuis cette recommandation de l’OMS, plusieurs études pilotes ont été menées sur la faisabilité, l’efficacité et le coût des biolarvicides en Afrique subsaharienne, démontrant l’efficacité de la LSM pour réduire les densités de moustiques Anopheles et l’efficacité de la transmission du paludisme [22, 23, 24].
La Côte d'Ivoire figure parmi les 15 pays les plus touchés par le paludisme au monde [25]. La prévalence du paludisme en Côte d'Ivoire représente 3 % de la charge mondiale de morbidité, avec une incidence estimée entre 300 et plus de 500 cas pour 1 000 habitants [25]. Malgré une longue saison sèche de novembre à mai, le paludisme se propage tout au long de l'année dans la région de savane du nord du pays [26]. La transmission du paludisme dans cette région est associée à la présence d'un grand nombre de porteurs asymptomatiques de Plasmodium falciparum [27]. Dans cette région, le vecteur du paludisme le plus courant est Anopheles gambiae (SL). Sécurité locale : les moustiques Anopheles gambiae sont principalement composés d'Anopheles gambiae (SS), une espèce très résistante aux insecticides, ce qui représente un risque élevé de transmission résiduelle du paludisme [26]. L'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) peut avoir un impact limité sur la réduction de la transmission du paludisme en raison de la résistance aux insecticides des vecteurs locaux et demeure donc un sujet de préoccupation majeur. Des études pilotes utilisant le Bti ou les MILDA ont démontré leur efficacité pour réduire la densité des moustiques vecteurs dans le nord de la Côte d'Ivoire. Cependant, aucune étude n'a évalué l'effet d'applications répétées de Bti combinées à des MILDA sur la transmission et l'incidence du paludisme dans cette région. Cette étude visait donc à évaluer l'effet de l'utilisation combinée de MILDA et de Bti sur la transmission du paludisme en comparant le groupe MILDA + Bti au groupe MILDA seule dans quatre villages du nord de la Côte d'Ivoire. L'hypothèse était que la mise en œuvre d'une stratégie de lutte antiparasitaire locale (SLL) à base de Bti, en complément des MILDA, permettrait de réduire davantage la densité des moustiques vecteurs du paludisme par rapport aux MILDA seules. Cette approche intégrée, ciblant les moustiques Anophèles immatures porteurs de Bti et les moustiques Anophèles adultes porteurs de MILDA, pourrait être essentielle pour réduire la transmission du paludisme dans les zones de forte endémicité, comme les villages du nord de la Côte d'Ivoire. Les résultats de cette étude pourraient donc contribuer à décider de l'opportunité d'inclure la SLL dans les programmes nationaux de lutte antivectorielle du paludisme (PNLP) des pays d'Afrique subsaharienne endémiques.
La présente étude a été réalisée dans quatre villages du département de Napieldougou (également connu sous le nom de Napier) dans la zone sanitaire de Korhogo au nord de la Côte d'Ivoire (Fig. 1). Villages étudiés : Kakologo (9° 14′ 2″ N, 5° 35′ 22″ E), Kolekakha (9° 17′ 24″ N, 5° 31′ 00″ E.), Lofinekaha (9° 17′ 31″). ) 5° 36′ 24″ N) et Nambatiurkaha (9° 18′ 36″ N, 5° 31′ 22″ E). En 2021, la population de Napierledougou était estimée à 31 000 habitants. La province compte 53 villages et deux centres de santé [28]. Dans cette province, où le paludisme est la principale cause de consultations médicales, d’hospitalisations et de mortalité, seules les moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) sont utilisées pour lutter contre les vecteurs Anophèles [29]. Les quatre villages des deux groupes d’étude sont desservis par le même centre de santé, dont les dossiers cliniques relatifs aux cas de paludisme ont été analysés dans le cadre de cette étude.
Carte de la Côte d'Ivoire montrant la zone d'étude. (Source cartographique et logiciel : données GADM et ArcMap 10.6.1. LLIN : moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action, Bti : Bacillus thuringiensis israelensis)
La prévalence du paludisme au sein de la population cible du Centre de santé de Napier a atteint 82,0 % (2 038 cas) (données antérieures à l’introduction du Bti). Dans les quatre villages, les ménages utilisent exclusivement des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) PermaNet® 2.0, distribuées par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) de Côte d’Ivoire en 2017, avec une couverture supérieure à 80 % [25, 26, 27, 28, 30]. Ces villages appartiennent à la région de Korhogo, qui sert de poste d’observation pour le Conseil militaire national de Côte d’Ivoire et est accessible toute l’année. Chacun des quatre villages compte au moins 100 ménages et une population sensiblement équivalente. Selon le registre sanitaire (document de travail du ministère ivoirien de la Santé), plusieurs cas de paludisme y sont recensés chaque année. Le paludisme est principalement causé par Plasmodium falciparum (P. falciparum) et transmis à l’homme par Plasmodium gambiae. Il est également transmis par les moustiques Anopheles et Anopheles nili dans la région [28]. Le complexe local An. gambiae est principalement composé de moustiques Anopheles. gambiae ss a une fréquence élevée de mutations kdr (plage de fréquence : 90,70–100 %) et une fréquence modérée d'allèles ace-1 (plage de fréquence : 55,56–95 %) [29].
Les précipitations annuelles moyennes varient de 1 200 à 1 400 mm et les températures de 21 à 35 °C, avec une humidité relative estimée à 58 %. La zone d’étude présente un climat de type soudanais, caractérisé par une saison sèche de six mois (novembre à avril) et une saison des pluies de six mois (mai à octobre). La région subit certains effets du changement climatique, tels que la perte de végétation et un allongement de la saison sèche, caractérisés par l’assèchement des points d’eau (plaines, rizières, étangs, mares) qui peuvent servir d’habitat aux larves de moustiques Anophèles. [26]
L’étude a été menée dans le groupe LLIN + Bti, représenté par les villages de Kakologo et Nambatiurkaha, et dans le groupe LLIN seul, représenté par les villages de Kolekaha et Lofinekaha. Pendant la période de l’étude, les habitants de tous ces villages utilisaient exclusivement la moustiquaire imprégnée d’insecticide PermaNet® 2.0.
L’efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (PermaNet 2.0) associées au Bti contre les moustiques Anophèles et la transmission du paludisme a été évaluée dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé (ECR) à deux bras : le groupe MILDA + Bti (groupe de traitement) et le groupe MILDA seule (groupe témoin). Les manchons MILDA + Bti sont représentés par Kakologo et Nambatiourkaha, tandis que Kolékaha et Lofinékaha ont été conçus comme des manchons MILDA uniquement. Dans les quatre villages, les habitants utilisent les MILDA PermaNet® 2.0 fournies par le Programme national de lutte contre le paludisme de Côte d’Ivoire (PNLP) en 2017. On suppose que les conditions d’utilisation de PermaNet® 2.0 sont identiques dans les différents villages, car le réseau a été distribué de la même manière. Dans le groupe MILDA + Bti, les gîtes larvaires d’Anophèles ont été traités au Bti toutes les deux semaines, en complément de la MILDA déjà utilisée par la population. Les gîtes larvaires situés dans les villages et dans un rayon de 2 km autour de leur centre ont été traités conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé et du Programme national de lutte contre la tuberculose de Côte d'Ivoire [31]. En revanche, le groupe utilisant uniquement des MILDA n'a reçu aucun traitement larvicide à base de Bti pendant la durée de l'étude.
Une forme granulaire dispersible dans l'eau de Bti (Vectobac WG, 37,4 % en poids ; lot n° 88-916-PG ; 3 000 UI/mg ; Valent BioScience Corp, États-Unis) a été utilisée à une dose de 0,5 mg/L. Un pulvérisateur à dos de 16 L et un pistolet de pulvérisation en fibre de verre avec poignée et buse réglable, d'un débit de 52 ml/s (3,1 L/min), ont été utilisés. Pour préparer une solution nébulisable contenant 10 L d'eau, la quantité de Bti diluée en suspension est de 0,5 mg/L × 10 L = 5 mg. Par exemple, pour une zone avec un débit d'eau nominal de 10 L, et en utilisant un pulvérisateur de 10 L pour traiter un volume d'eau donné, la quantité de Bti à diluer est de 0,5 mg/L × 20 L = 10 mg. 10 mg de Bti ont été pesés sur le terrain à l'aide d'une balance électronique. À l'aide d'une spatule, préparer une suspension en mélangeant la quantité indiquée de Bti dans un seau gradué de 10 L. Cette dose a été sélectionnée suite à des essais en conditions naturelles évaluant l'efficacité du Bti contre différents stades larvaires d'Anopheles spp. et de Culex spp., dans une zone différente mais similaire à celle de la recherche actuelle [32]. Le débit d'application de la suspension larvicide et la durée d'application pour chaque gîte larvaire ont été calculés en fonction du volume d'eau estimé sur le gîte [33]. Appliquer le Bti à l'aide d'un pulvérisateur manuel calibré. Les nébuliseurs sont calibrés et testés individuellement et dans différentes zones afin de garantir la délivrance de la dose correcte de Bti.
Pour déterminer le moment optimal de traitement des gîtes larvaires, l'équipe a opté pour la pulvérisation en fenêtre. La fenêtre de pulvérisation correspond à la période d'application du produit permettant une efficacité optimale : dans cette étude, elle variait de 12 heures à 2 semaines, selon la persistance du Bti. L'absorption du Bti par les larves sur le gîte larvaire nécessite une période d'application comprise entre 7 h et 18 h. Cette méthode permet d'éviter les périodes de fortes pluies, qui obligent à interrompre la pulvérisation et à la reprendre le lendemain si les conditions météorologiques le permettent. Les dates et heures précises de pulvérisation dépendent des conditions météorologiques observées. Pour calibrer les pulvérisateurs à dos en fonction du taux d'application de Bti souhaité, chaque technicien est formé à l'inspection visuelle, au réglage de la buse et au maintien de la pression. Le calibrage est validé par la vérification de l'application uniforme de la quantité de Bti par unité de surface. Le gîte larvaire est traité toutes les deux semaines. Les opérations larvicides sont réalisées avec le soutien de quatre spécialistes expérimentés et qualifiés. Les activités larvicides et les participants sont encadrés par des superviseurs expérimentés. Le traitement larvicide a débuté en mars 2019, pendant la saison sèche. En effet, une étude antérieure a démontré que la saison sèche est la période la plus propice à une intervention larvicide en raison de la stabilité des gîtes larvaires et de la diminution de leur population [27]. La lutte contre les larves pendant la saison sèche devrait permettre de prévenir l'attraction des moustiques durant la saison des pluies. Deux kilogrammes de Bti, d'un coût de 99,29 dollars américains, permettent au groupe d'étude recevant le traitement de couvrir l'ensemble des zones. Dans le groupe LLIN+Bti, l'intervention larvicide a duré un an, de mars 2019 à février 2020. Au total, 22 cas de traitement larvicide ont été recensés dans ce groupe.
Les effets secondaires potentiels (tels que des démangeaisons, des étourdissements ou un écoulement nasal) ont été surveillés au moyen d'enquêtes individuelles auprès des nébuliseurs de biolarvicide Bti et des résidents des ménages participant au groupe LIN + Bti.
Une enquête auprès de 400 ménages (200 ménages par groupe d'étude) a été menée afin d'estimer le pourcentage d'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) au sein de la population. Un questionnaire quantitatif a été utilisé pour recueillir les données. La prévalence de l'utilisation des MILDA a été répartie en trois groupes d'âge : à partir de 15 ans. Le questionnaire a été rempli et expliqué en langue sénoufo locale au chef de ménage ou à un autre adulte de plus de 18 ans.
La taille minimale du ménage interrogé a été calculée à l’aide de la formule décrite par Vaughan et Morrow [34].
n représente la taille de l'échantillon, e la marge d'erreur, t le facteur de sécurité calculé à partir du niveau de confiance, et p la proportion de parents de la population possédant l'attribut considéré. Chaque terme de la fraction a une valeur constante, donc (t) = 1,96. La taille minimale des ménages dans cette situation, lors de l'enquête, était de 384 ménages.
Avant cette expérience, différents types d'habitats pour les larves d'Anopheles dans les groupes LLIN+Bti et LLIN ont été identifiés, échantillonnés, décrits, géoréférencés et étiquetés. La taille des nids a été mesurée à l'aide d'un mètre ruban. Les densités larvaires de moustiques ont ensuite été évaluées mensuellement pendant 12 mois sur 30 sites de reproduction sélectionnés aléatoirement par village, soit un total de 60 sites par groupe d'étude. Douze prélèvements larvaires ont été effectués par zone d'étude, correspondant à 22 traitements Bti. Le choix de ces 30 sites de reproduction par village visait à obtenir un nombre suffisant de sites de collecte de larves dans l'ensemble des villages et des unités d'étude afin de minimiser les biais. Les larves ont été collectées par immersion à l'aide d'une cuillère de 60 ml [35]. Certaines nurseries étant très petites et peu profondes, il a été nécessaire d'utiliser un seau plus petit que le seau standard de l'OMS (350 ml). Cinq, dix ou vingt plongées ont été effectuées respectivement à partir de nids d'une circonférence de 10 m. L’identification morphologique des larves collectées (par exemple, Anopheles, Culex et Aedes) a été réalisée directement sur le terrain [36]. Les larves collectées ont été classées en deux catégories selon leur stade de développement : les larves des premiers stades (stades 1 et 2) et les larves des stades plus avancés (stades 3 et 4) [37]. Les larves ont été dénombrées par genre et à chaque stade de développement. Après le dénombrement, les larves de moustiques ont été réintroduites dans leurs zones de reproduction et leur volume initial a été rétabli grâce à de l’eau de source complétée par de l’eau de pluie.
Un site de reproduction était considéré comme positif si au moins une larve ou une pupe d'une espèce de moustique quelconque y était présente. La densité larvaire a été déterminée en divisant le nombre de larves du même genre par le nombre de plongées.
Chaque étude a duré deux jours consécutifs et, tous les deux mois, des moustiques adultes ont été collectés dans 10 foyers sélectionnés aléatoirement dans chaque village. Tout au long de l'étude, chaque équipe de recherche a mené des enquêtes par sondage auprès de 20 foyers pendant trois jours consécutifs. Les moustiques ont été capturés à l'aide de pièges à fenêtre standard (PFS) et de pièges à pulvérisation de pyrèthre (PP) [38, 39]. Dans un premier temps, toutes les maisons de chaque village ont été numérotées. Quatre maisons par village ont ensuite été sélectionnées aléatoirement comme points de collecte de moustiques adultes. Dans chaque maison sélectionnée, les moustiques ont été collectés dans la chambre principale. Les chambres sélectionnées sont équipées de portes et de fenêtres et étaient occupées la nuit précédente. Les portes des chambres restent fermées avant le début des travaux et pendant la collecte des moustiques afin d'empêcher ces derniers de s'échapper. Un PFS a été installé à chaque fenêtre de chaque chambre comme point de prélèvement. Le lendemain, les moustiques ayant pénétré dans la zone de travail depuis les chambres ont été collectés entre 6 h et 8 h. Collectez les moustiques de votre zone de travail à l'aide d'un embout buccal et conservez-les dans un gobelet en papier jetable recouvert d'un morceau de tissu. Moustiquaire. Les moustiques présents dans la même chambre ont été capturés immédiatement après la collecte des échantillons témoins à l'aide d'un piège à moustiques à base de pyréthroïdes. Après avoir étalé des draps blancs sur le sol de la chambre, les portes et les fenêtres ont été fermées et un insecticide (principes actifs : 0,25 % de transfluthrine + 0,20 % de perméthrine) a été pulvérisé. Environ 10 à 15 minutes après la pulvérisation, le couvre-lit a été retiré de la chambre traitée, les moustiques posés sur les draps blancs ont été prélevés à l'aide d'une pince à épiler et placés dans une boîte de Petri contenant du coton imbibé d'eau. Le nombre de personnes ayant passé la nuit dans les chambres sélectionnées a également été noté. Les moustiques collectés ont été rapidement transférés au laboratoire sur place pour analyse.
Au laboratoire, tous les moustiques collectés ont été identifiés morphologiquement jusqu'au genre et à l'espèce [36]. Les ovaires d'Anna (Anna's gambiae SL) ont été examinés à l'aide d'un microscope stéréoscopique binoculaire, une goutte d'eau distillée étant déposée sur une lame de verre [35]. La parité a été évaluée afin de distinguer les femmes multipares des femmes nullipares, en se basant sur la morphologie des ovaires et de la trachée, ainsi que pour déterminer le taux de fertilité et l'âge physiologique [35].
L'indice relatif est déterminé en testant la source du repas de sang fraîchement prélevé. La présence de Plasmodium gambiae a été recherchée par dosage immuno-enzymatique (ELISA) à partir de sang humain, d'animaux d'élevage (bovins, ovins, caprins) et de volailles [40]. L'infestation entomologique (IE) a été calculée à partir des estimations de l'infestation par Anopheles gambiae chez les femmes en Gambie [41]. De plus, l'infection par Plasmodium gambiae a été déterminée par analyse de la tête et du thorax de femmes multipares à l'aide de la méthode ELISA de l'antigène circumsporozoïte (CSP ELISA) [40]. Enfin, les membres du genre Ann. gambiae ont été identifiés par analyse de ses pattes, de ses ailes et de son abdomen à l'aide de techniques de réaction en chaîne par polymérase (PCR) [34].
Les données cliniques sur le paludisme ont été extraites du registre des consultations cliniques du centre de santé de Napyeledugou, qui couvre les quatre villages inclus dans cette étude (Kakologo, Kolekaha, Lofinekaha et Nambatiurkaha). L'analyse du registre a porté sur les dossiers de mars 2018 à février 2019 et de mars 2019 à février 2020. Les données de mars 2018 à février 2019 correspondent aux données de référence (avant l'intervention Bti), tandis que celles de mars 2019 à février 2020 correspondent aux données avant l'intervention Bti. Les informations cliniques, l'âge et le village d'origine de chaque patient des groupes d'étude LLIN+Bti et LLIN ont été recueillis dans le registre de santé. Pour chaque patient, des informations telles que le village d'origine, l'âge, le diagnostic et les résultats histopathologiques ont été enregistrées. Dans les cas analysés dans cette étude, le paludisme a été confirmé par test de diagnostic rapide (TDR) et/ou examen microscopique après administration d'une thérapie combinée à base d'artémisinine (ACT) par un professionnel de santé. Les cas de paludisme ont été répartis en trois groupes d'âge (par tranches de 15 ans). L'incidence annuelle du paludisme pour 1 000 habitants a été estimée en divisant la prévalence du paludisme pour 1 000 habitants par la population du village.
Les données recueillies dans cette étude ont été saisies deux fois dans une base de données Microsoft Excel, puis importées dans le logiciel libre R [42] version 3.6.3 pour l'analyse statistique. Le package ggplot2 a été utilisé pour la réalisation des graphiques. Des modèles linéaires généralisés utilisant la régression de Poisson ont permis de comparer la densité larvaire et le nombre moyen de piqûres de moustiques par personne et par nuit entre les groupes d'étude. Les mesures du rapport de pertinence (RR) ont été utilisées pour comparer les densités larvaires moyennes et les taux de piqûre des moustiques Culex et Anopheles. Gambia SL a été placé entre les deux groupes d'étude, le groupe LLIN + Bti servant de référence. Les tailles d'effet ont été exprimées en odds ratios et intervalles de confiance à 95 % (IC à 95 %). Le rapport (RR) du test de Poisson a été utilisé pour comparer les proportions et les taux d'incidence du paludisme avant et après l'intervention Bti dans chaque groupe d'étude. Le seuil de signification utilisé était de 5 %.
Le protocole de l’étude a été approuvé par le Comité national d’éthique de la recherche du ministère de la Santé et de la Santé publique de Côte d’Ivoire (N/Ref : 001//MSHP/CNESVS-kp), ainsi que par le district sanitaire régional et l’administration de Korhogo. Avant le prélèvement des larves et des moustiques adultes, un consentement éclairé écrit a été obtenu auprès des participants à l’enquête auprès des ménages, des propriétaires et/ou des occupants. Les données familiales et cliniques sont anonymisées et confidentielles et ne sont accessibles qu’aux chercheurs désignés.
Au total, 1198 sites de nidification ont été visités. Parmi ces sites recensés dans la zone d'étude, 52,5 % (n = 629) appartenaient au groupe LLIN + Bti et 47,5 % (n = 569) au groupe LLIN seul (RR = 1,10 [IC à 95 % : 0,98–1,24], p = 0,088). De manière générale, les habitats larvaires locaux ont été classés en 12 types, les rizières représentant la plus grande proportion (24,5 %, n = 294), suivies des bassins de rétention des eaux pluviales (21,0 %, n = 252) et des poteries (8,3 %). %, n = 99), rive de rivière (8,2 %, n = 100), flaque d'eau (7,2 %, n = 86), flaque d'eau (7,0 %, n = 84), pompe à eau du village (6,8 %, n = 81), empreintes de sabots (4,8 %, n = 58), marais (4,0 %, n = 48), cruches (5,2 %, n = 62), étangs (1,9 %, n = 23) et puits (0,9 %, n = 11). ) .
Au total, 47 274 larves de moustiques ont été collectées dans la zone d’étude. Dans le groupe LLIN + Bti, 14,4 % (n = 6 796) des larves ont été collectées, contre 85,6 % (n = 40 478) dans le groupe LLIN seul (RR = 5,96 [IC 95 % : 5,80–6,11], p ≤ 0,001). Ces larves appartiennent à trois genres de moustiques, l’espèce prédominante étant Anopheles (48,7 %, n = 23 041), suivie de Culex spp. (35,0 %, n = 16 562) et d’Aedes spp. (4,9 %, n = 2 340). Les pupes représentaient 11,3 % des larves (n = 5 344).
Densité moyenne globale des larves d'Anopheles spp. Dans cette étude, le nombre de larves par prélèvement était de 0,61 [IC à 95 % : 0,41–0,81] L/prélèvement dans le groupe LLIN + Bti et de 3,97 [IC à 95 % : 3,56–4,38] L/prélèvement dans le groupe LLIN seul (optionnel). (Voir figure S1 dans le fichier 1). La densité moyenne d'Anopheles spp. était 6,5 fois plus élevée dans le groupe LLIN seul que dans le groupe LLIN + Bti (HR = 6,49 ; IC à 95 % : 5,80–7,27 ; p < 0,001). Aucun moustique Anopheles n'a été détecté pendant le traitement. Les larves ont été collectées dans le groupe LLIN + Bti à partir de janvier, correspondant au vingtième traitement au Bti. Dans ce groupe, une diminution significative de la densité larvaire aux stades précoces et tardifs a été observée.
Avant le début du traitement au Bti (mars), la densité moyenne des larves d'Anophèles au premier stade larvaire était estimée à 1,28 [IC à 95 % : 0,22–2,35] l/plongée dans le groupe LLIN + Bti et à 1,37 [IC à 95 % : 0,36–2,36] l/plongée dans le groupe LLIN seul (Fig. 2A). Après l'application du traitement au Bti, la densité moyenne des larves d'Anophèles au premier stade larvaire dans le groupe LLIN + Bti a généralement diminué progressivement, passant de 0,90 [IC à 95 % : 0,19–1,61] à 0,10 [IC à 95 % : 0,03–0,18] l/plongée. Les densités larvaires d'Anophèles au premier stade larvaire sont restées faibles dans le groupe LLIN + Bti. Dans le groupe LLIN seul, des fluctuations de l'abondance d'Anophèles spp. ont été observées. Des larves de premiers stades ont été observées avec des densités moyennes allant de 0,23 [IC à 95 % : 0,07–0,54] L/plongée à 2,37 [IC à 95 % : 1,77–2,98] L/plongée. Globalement, la densité moyenne de larves d’Anopheles à un stade précoce était statistiquement plus élevée dans le groupe utilisant uniquement une MILDA (1,90 [IC à 95 % : 1,70–2,10] L/plongée), tandis que la densité moyenne de ces larves dans le groupe MILDA + Bti était de 0,38 [IC à 95 % : 0,28–0,47] L/plongée (RR = 5,04 ; IC à 95 % : 4,36–5,85 ; p < 0,001).
Évolution de la densité moyenne des larves d'Anophèles. Moustiquaires à l'état larvaire précoce (A) et tardif (B) dans un groupe d'étude de mars 2019 à février 2020 dans la région de Napier, au nord de la Côte d'Ivoire. LLIN : moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action Bti : Bacillus thuringiensis, Israël TRT : traitement ;
Densité moyenne des larves d'Anopheles spp. en fin de stade larvaire dans le groupe LLIN + Bti. Avant traitement, la densité de Bti était de 2,98 [IC à 95 % : 0,26–5,60] L/dip, tandis que dans le groupe LLIN seul, elle était de 1,46 [IC à 95 % : 0,26–2,65] l/jour. Après application de Bti, la densité des larves d'Anopheles en fin de stade larvaire dans le groupe LLIN + Bti a diminué de 0,22 [IC à 95 % : 0,04–0,40] à 0,03 [IC à 95 % : 0,00–0,06] L/dip (Fig. 2B). Dans le groupe utilisant uniquement des moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (LLIN), la densité des larves d'Anopheles en fin de développement est passée de 0,35 [IC à 95 % : -0,15-0,76] à 2,77 [IC à 95 % : 1,13-4,40] l/plongée, avec quelques variations selon la date d'échantillonnage. La densité moyenne des larves d'Anopheles en fin de développement dans ce groupe était de 2,07 [IC à 95 % : 1,84-2,29] l/plongée, soit neuf fois supérieure à celle observée dans le groupe utilisant des LLIN et du Bti (0,23 [IC à 95 % : 0,11-0,36] l/plongée ; RR = 8,80 ; IC à 95 % : 7,40-10,57 ; p < 0,001).
La densité moyenne de Culex spp. était de 0,33 [IC à 95 % : 0,21–0,45] L/dip dans le groupe LLIN + Bti et de 2,67 [IC à 95 % : 2,23–3,10] L/dip dans le groupe LLIN seul (fichier supplémentaire 2 : Figure S2). La densité moyenne de Culex spp. était significativement plus élevée dans le groupe LLIN seul que dans le groupe LLIN + Bti (HR = 8,00 ; IC à 95 % : 6,90–9,34 ; p < 0,001).
Densité moyenne du genre Culex (Culex spp.). Avant traitement, la concentration de Bti (l/dip) était de 1,26 [IC à 95 % : 0,10–2,42] l/dip dans le groupe LLIN + Bti et de 1,28 [IC à 95 % : 0,37–2,36] dans le groupe LLIN seul (Fig. 3A). Après application du traitement au Bti, la densité des larves précoces de Culex a diminué de 0,07 [IC à 95 % : -0,001–0] à 0,25 [IC à 95 % : 0,006–0,51] l/dip. Aucune larve de Culex n’a été collectée dans les habitats larvaires traités au Bti à partir de décembre. La densité des larves précoces de Culex a été réduite à 0,21 [IC à 95 % : 0,14–0,28] L/immersion dans le groupe LLIN + Bti, mais était plus élevée dans le groupe LLIN seul, à 1,30 [IC à 95 % : 1,10–1,50] l/immersion. goutte/jour. La densité des larves précoces de Culex dans le groupe LLIN seul était 6 fois supérieure à celle du groupe LLIN + Bti (RR = 6,17 ; IC à 95 % : 5,11–7,52 ; p < 0,001).
Évolution de la densité moyenne des larves de Culex spp. Essais réalisés sur les stades précoces (A) et précoces (B) au sein d'un groupe d'étude, de mars 2019 à février 2020, dans la région de Napier, au nord de la Côte d'Ivoire. Moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MILDA), Bti (Bacillus thuringiensis Israel), Trt (traitement).
Avant le traitement au Bti, la densité moyenne des larves de Culex en fin de stade larvaire était de 0,97 [IC 95 % 0,09–1,85] l/immersion dans le groupe LLIN + Bti et de 1,60 [IC 95 % 0,16–3,37] l/immersion dans le groupe LLIN seul (Fig. 3B). Après le début du traitement au Bti, la densité moyenne des larves de Culex en fin de stade larvaire a diminué progressivement dans le groupe LLIN + Bti, devenant inférieure à celle du groupe LLIN seul, qui est restée très élevée. La densité moyenne des larves de Culex en fin de stade larvaire était de 0,12 [IC 95 % 0,07–0,15] l/immersion dans le groupe LLIN + Bti et de 1,36 [IC 95 % 1,11–1,61] l/immersion dans le groupe LLIN seul. La densité moyenne des larves de Culex au stade avancé était significativement plus élevée dans le groupe LLIN-seulement que dans le groupe LLIN + Bti (RR = 11,19 ; IC à 95 % 8,83–14,43 ; P < 0,001).
Avant le traitement au Bti, la densité moyenne de pupes par coccinelle était de 0,59 [IC à 95 % : 0,24–0,94] dans le groupe LLIN + Bti et de 0,38 [IC à 95 % : 0,13–0,63] dans le groupe LLIN seul (Fig. 4). La densité nymphale totale était de 0,10 [IC à 95 % : 0,06–0,14] dans le groupe LLIN + Bti et de 0,84 [IC à 95 % : 0,75–0,92] dans le groupe LLIN seul. Le traitement au Bti a réduit significativement la densité nymphale moyenne dans le groupe LLIN + Bti par rapport au groupe LLIN seul (OR = 8,30 ; IC à 95 % : 6,37–11,02 ; p < 0,001). Dans le groupe LLIN + Bti, aucune pupe n’a été collectée après novembre.
Évolution de la densité moyenne des pupes. L’étude a été menée de mars 2019 à février 2020 dans la région de Napier, au nord de la Côte d’Ivoire. Moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MILDA), Bacillus thuringiensis Israel (BTI), traitement Trt
Au total, 3 456 moustiques adultes ont été collectés dans la zone d’étude. Ces moustiques appartiennent à 17 espèces réparties en 5 genres (Anopheles, Culex, Aedes, Eretmapodites) (Tableau 1). Parmi les vecteurs du paludisme, Anopheles gambiae sl était l’espèce la plus abondante, représentant 74,9 % des individus (n = 2 587), suivie d’Anopheles gambiae sl. funestus (2,5 %, n = 86) et d’Anopheles sl. nli (0,7 %, n = 24). La proportion d’Anopheles gambiae sl. dans le groupe LLIN + Bti (10,9 %, n = 375) était inférieure à celle observée dans le groupe LLIN seul (64 %, n = 2 212). Aucun individu d’Anopheles sl. nli n’a été observé dans le groupe LLIN seul. Cependant, Anopheles gambiae et Anopheles funestus étaient présents à la fois dans le groupe LLIN + Bti et dans le groupe LLIN seul.
Dans les études débutant avant l'application de Bti sur le site de reproduction (3 mois), le nombre moyen de piqûres de moustiques nocturnes par personne (p/p/n) dans le groupe LLIN + Bti a été estimé à 0,83 [IC à 95 % : 0,50–1,17], contre 0,72 dans le groupe LLIN seul [IC à 95 % : 0,41–1,02] (Fig. 5). Dans le groupe LLIN + Bti, les dommages causés par les moustiques Culex ont diminué et sont restés faibles malgré un pic de 1,95 [IC à 95 % : 1,35–2,54] piqûres par personne en septembre, après la 12e application de Bti. En revanche, dans le groupe LLIN seul, le taux moyen de piqûres de moustiques a augmenté progressivement avant d'atteindre un pic en septembre à 11,33 [IC à 95 % : 7,15–15,50] piqûres par personne. L'incidence globale des piqûres de moustiques était significativement plus faible dans le groupe LLIN + Bti que dans le groupe LLIN seul à tout moment au cours de l'étude (HR = 3,66 ; IC à 95 % 3,01–4,49 ; P < 0,001).
Taux de piqûres de moustiques dans la zone d'étude de la région de Napier, au nord de la Côte d'Ivoire, de mars 2019 à février 2020. LLIN : Moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action, Bti : Bacillus thuringiensis Israel, Trt : Traitement, piqûres b/p/nuit/humain/nuit
Anopheles gambiae est le vecteur du paludisme le plus fréquent dans la zone d'étude. Au départ, les femmes gambiennes présentaient des valeurs b/p/n de 0,64 [IC à 95 % : 0,27–1,00] dans le groupe LLIN + Bti et de 0,74 [IC à 95 % : 0,30–1,17] dans le groupe LLIN seul (Fig. 6). Pendant la période d'intervention avec Bti, l'activité de piqûre la plus élevée a été observée en septembre, correspondant au douzième cycle de traitement, avec un pic de 1,46 [IC à 95 % : 0,87–2,05] b/p/n dans le groupe LLIN + Bti et un pic de 9,65 [IC à 95 % : 0,87–2,05] b/p/n dans le groupe LLIN seul. En Gambie, le taux d'infection était significativement plus faible dans le groupe LLIN + Bti (0,59 [IC à 95 % : 0,43–0,75] cas/patient/jour) que dans le groupe LLIN seul (2,97 [IC à 95 % : 2,02–3,93] cas/patient/jour). (RR = 3,66 ; IC à 95 % : 3,01–4,49 ; p < 0,001).
Vitesse de piqûre d'Anna. gambiae sl, unité de recherche dans la région de Napier, nord de la Côte d'Ivoire, de mars 2019 à février 2020. Moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (LLIN), Bti Bacillus thuringiensis Israel, traitement Trt, piqûres b/p/nuit/personne/nuit
Au total, 646 amps. La Gambie est démembrée. Globalement, le pourcentage de sécurité locale. Les taux de parité en Gambie étaient généralement supérieurs à 70 % tout au long de la période d'étude, à l'exception de juillet, où seul le groupe LLIN a été utilisé (Fichier supplémentaire 3 : Figure S3). Cependant, le taux de fécondité moyen dans la zone d'étude était de 74,5 % (n = 481). Dans le groupe LLIN+Bti, le taux de parité est resté élevé, supérieur à 80 %, à l'exception de septembre, où il a chuté à 77,5 %. Toutefois, des variations des taux de fécondité moyens ont été observées dans le groupe LLIN seul, le taux de fécondité moyen estimé le plus bas étant de 64,5 %.
D'après une étude menée en Gambie en 1938 (389 Ann.), 80,5 % (n = 313) des unités de sang prélevées étaient d'origine humaine. Parmi les femmes ayant reçu du sang mixte (humain et domestique), 6,2 % (n = 24) consommaient du sang provenant d'aliments pour animaux (bovins, ovins et caprins), et 8,2 % (n = 32) étaient négatifs pour le sang. Dans le groupe LLIN + Bti, la proportion de femmes ayant reçu du sang humain était de 25,7 % (n = 100), contre 54,8 % (n = 213) dans le groupe LLIN seul (Fichier supplémentaire 5 : Tableau S5).
Au total, 308 prélèvements ont été analysés pour détecter la présence de *P. gambiae* au sein du complexe d'espèces et d'une infection à *P. falciparum* (Fichier supplémentaire 4 : Tableau S4). Deux espèces apparentées coexistent dans la zone d'étude : *An. gambiae* ss (95,1 %, n = 293) et *An. coluzzii* (4,9 %, n = 15). La prévalence d'*Anopheles gambiae* ss était significativement plus faible dans le groupe LLIN + Bti que dans le groupe LLIN seul (66,2 %, n = 204) (RR = 2,29 [IC à 95 % : 1,78–2,97], p < 0,001). Une proportion similaire de moustiques Anopheles a été observée dans le groupe LLIN + Bti (3,6 %, n = 11) et dans le groupe LLIN seul (1,3 %, n = 4) (RR = 2,75 [IC 95 % : 0,81–11,84], p = 0,118). La prévalence de l'infection à Plasmodium falciparum chez An. SL en Gambie était de 11,4 % (n = 35). Le taux d'infection à Plasmodium falciparum en Gambie était significativement plus faible dans le groupe LLIN + Bti (2,9 %, n = 9) que dans le groupe LLIN seul (8,4 %, n = 26) (RR = 2,89 [IC 95 % : 1,31–7,01], p = 0,006). Comparativement aux moustiques Anopheles, les moustiques Anopheles gambiae présentaient la proportion la plus élevée d'infection par Plasmodium, soit 94,3 % (n = 32). coluzzii seulement 5,7 % (n = 5) (RR = 6,4 [IC à 95 % : 2,47–21,04], p < 0,001).
Au total, 2 435 personnes issues de 400 ménages ont été interrogées. La densité moyenne est de 6,1 personnes par ménage. Le taux de possession de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) parmi les ménages était de 85 % (n = 340), contre 15 % (n = 60) pour les ménages n’en possédant pas (RR = 5,67 [IC à 95 % : 4,29–7,59], p < 0,001) (Fichier supplémentaire 5 : Tableau S5). L’utilisation des MILDA était de 40,7 % (n = 990) dans le groupe MILDA + Bti, contre 36,2 % (n = 882) dans le groupe MILDA seule (RR = 1,12 [IC à 95 % : 1,02–1,23], p = 0,013). Le taux net d’utilisation moyen dans la zone d’étude était de 38,4 % (n = 1 842). La proportion d'enfants de moins de cinq ans utilisant Internet était similaire dans les deux groupes étudiés, avec des taux d'utilisation nets de 41,2 % (n = 195) dans le groupe LLIN + Bti et de 43,2 % (n = 186) dans le groupe LLIN seul (HR = 1,05 [IC à 95 % : 0,85–1,29], p = 0,682). Chez les enfants âgés de 5 à 15 ans, aucune différence significative n'a été observée entre les taux d'utilisation nets du groupe LLIN + Bti (36,3 %, n = 250) et du groupe LLIN seul (36,9 %, n = 250) (RR = 1,02 [IC à 95 % : 1,02–1,23], p = 0,894). Cependant, les personnes de plus de 15 ans utilisaient des moustiquaires 42,7 % (n = 554) moins souvent dans le groupe LLIN + Bti que 33,4 % (n = 439) dans le groupe LLIN seulement (RR = 1,26 [IC à 95 % 1,11–1,43], P < 0,001).
Au total, 2 484 cas cliniques ont été recensés au centre de santé de Napier entre mars 2018 et février 2020. La prévalence du paludisme clinique dans la population générale représentait 82,0 % de l’ensemble des cas (n = 2 038). Les taux d’incidence annuels locaux du paludisme dans cette zone d’étude étaient de 479,8 ‰ avant le traitement par Bti et de 297,5 ‰ après (tableau 2).


Date de publication : 1er juillet 2024