L'installation de moustiquaires imprégnées d'insecticide autour des avant-toits, des fenêtres et des ouvertures murales dans les maisons non rénovées constitue une mesure potentielle de lutte contre le paludisme. Elle peut empêcher les moustiques de pénétrer dans les habitations, avoir des effets létaux et sublétaux sur les vecteurs du paludisme et potentiellement réduire la transmission de la maladie. C'est pourquoi nous avons mené une étude épidémiologique dans des ménages tanzaniens afin d'évaluer l'efficacité de ces moustiquaires imprégnées d'insecticide à l'intérieur des habitations (MII) contre le paludisme et ses vecteurs.
Un ménage était composé d'une ou plusieurs maisons, chacune gérée par un chef de ménage, et dont tous les membres partageaient une cuisine commune. Les ménages étaient admissibles à l'étude s'ils possédaient des avant-toits ouverts, des fenêtres sans barreaux et des murs intacts. Tous les membres du ménage âgés de six mois et plus étaient inclus dans l'étude, à l'exception des femmes enceintes qui subissaient un dépistage de routine dans le cadre de leurs soins prénatals, conformément aux recommandations nationales.
De juin à juillet 2021, afin de recenser tous les ménages de chaque village, des enquêteurs, guidés par les chefs de village, ont effectué un porte-à-porte pour interroger les ménages dont les maisons présentaient des avant-toits ouverts, des fenêtres non protégées et des murs intacts. Un adulte de chaque ménage a rempli un questionnaire initial. Ce questionnaire recueillait des informations sur la localisation et les caractéristiques de l'habitation, ainsi que sur le profil sociodémographique des membres du ménage. Pour garantir l'homogénéité des données, le formulaire de consentement éclairé et le questionnaire ont été dotés d'un identifiant unique, imprimé, plastifié et apposé sur la porte d'entrée de chaque ménage participant. Les données initiales ont permis de générer une liste de randomisation, qui a servi à l'installation du système d'écoute intelligente (SEI) dans le groupe d'intervention.
Les données sur la prévalence du paludisme ont été analysées selon une approche par protocole, excluant de l'analyse les personnes qui avaient voyagé au cours des deux dernières semaines ou qui avaient pris des médicaments antipaludiques au cours des deux semaines précédant l'enquête.
Afin de déterminer l'impact des systèmes de transport intelligents (STI) selon le type de logement, leur utilisation et les groupes d'âge, nous avons réalisé des analyses stratifiées. L'incidence du paludisme a été comparée entre les ménages équipés et non équipés de STI, selon une stratification définie : murs en terre, murs en briques, toits traditionnels, toits en tôle, utilisation des STI la veille de l'enquête, absence d'utilisation des STI la veille de l'enquête, jeunes enfants, enfants d'âge scolaire et adultes. Dans chaque analyse stratifiée, le groupe d'âge, le sexe et la variable de stratification du ménage concernée (type de mur, type de toit, utilisation des STI ou groupe d'âge) ont été inclus comme effets fixes. Le ménage a été inclus comme effet aléatoire pour tenir compte de l'effet de grappe. Il est important de noter que les variables de stratification elles-mêmes n'ont pas été incluses comme covariables dans leurs propres analyses stratifiées.
Pour les populations de moustiques à l'intérieur des habitations, les modèles de régression binomiale négative non ajustés n'ont été appliqués qu'au nombre quotidien de moustiques capturés par piège et par nuit en raison du faible nombre de moustiques capturés au cours de l'évaluation.
Les ménages ont fait l'objet d'un dépistage du paludisme à court et à long terme. Les résultats indiquent les ménages visités, ceux ayant refusé la visite, ceux l'ayant acceptée, ceux perdus de vue en raison d'un déménagement ou d'un voyage longue distance, le refus de visite des participants, leur consommation de médicaments antipaludiques et leurs antécédents de voyage. La présence de moustiques à l'intérieur des ménages a été recherchée à l'aide de pièges lumineux CDC. Les résultats indiquent les ménages visités, ceux ayant refusé la visite, ceux l'ayant acceptée, ceux perdus de vue en raison d'un déménagement et ceux absents pendant toute la durée de l'enquête. Un système de suivi des moustiques (ITS) a été installé dans les ménages témoins.
Dans le district de Chalinze, aucune différence significative n'a été observée concernant les taux d'infection palustre ou les populations de moustiques à l'intérieur des habitations entre celles équipées d'un système de moustiquaires imprégnées d'insecticide (SMI) et celles qui n'en étaient pas équipées. Ce résultat pourrait s'expliquer par la méthodologie de l'étude, les propriétés insecticides et résiduelles du produit utilisé, ainsi que par le nombre élevé d'abandons. Bien que les différences observées ne soient pas significatives, une infestation parasitaire plus faible a été constatée au niveau des ménages pendant la longue saison des pluies, et ce, de manière plus marquée chez les enfants d'âge scolaire. Les populations de moustiques Anopheles à l'intérieur des habitations ont également diminué, ce qui souligne la nécessité de poursuivre les recherches. Par conséquent, une étude randomisée en grappes, associée à une implication et à des actions de sensibilisation communautaires, est recommandée afin de garantir le maintien des participants tout au long de l'étude.
Date de publication : 19 août 2025



